ICI ET LA, LES GRANDS DESERTS
 

"Raphaël c’est l’un de ces soleils noirs. On s’est croisé dans les montagnes il y a quelques années et aujourd’hui on vit sous le même toit près de l’océan. Photographie, fusain et acrylique rythment son paysage, il trace sa route. Regards complices et sourires violents il est surement l’incarnation même d’une fraternité simple et fidèle, d’un esprit libre et passionnel" - Pauline Gallot

 
Copyright: Pauline Gallot

Copyright: Pauline Gallot

 

Ici et là, les grands déserts usent de leur charme pour t’aider un peu plus chaque jour à ne pas boire la tasse.

On a tous eu des tournants, des virages, des coups de volants qui ont croisés nos chemins.
C’est plutôt subtile comme approche, ça t’arrive d’un coup, comme ça sans crier gare. Boum. Un regard, un sourire toutes dents dehors, un coup de poing en pleine face. Peu importe l’intensité du choc, la véracité de l’illusion, on reste là, secoué d’une manière ou d’une autre.
J’ai croisé cette échappée spirituelle quelques fois sur ma route, la dernière en date a sû changer à elle seule ma façon de voir les choses et même de vivre. Remontée dans le temps, changement de décor et d’un coup tu es dans l’espace. L’espace cosmique comme j’aime à l’appeler. Là-bas il n’y a pas grand chose d’humain, des étendues à perte de vue, des variations de bleus, du vert et surtout du noir. Les quelques humanoïdes qui peuplent cet espace sont rarement gris. La folie, la douceur de la température, les échanges de pensées les unissent. Là-bas on partage les mêmes passions, les mêmes envies et ça nous arrive aussi de nous taper dessus.

 

Copyright: Pauline Gallot

 

On se pare tous de couleurs, selon nos moments de vie, nos humeurs. Parfois on hurle, fenêtres grandes ouvertes et bien souvent on préfère se taire. On laisse couler. On attends plus rien de l’autre. Et puis on se lance à soi-même «Alors encore combien de tasses avant de toucher le fond ?» Le désert coloré se transforme alors en un océan aride, en quête lui même de vague. Désolation.
Alors à quoi bon se forcer? A quoi bon lutter? Toutes les planètes vont et viennes, se rapprochent et s’éloignent mais certaines se poursuivent et ça au fond de toi tu le sais, pour l’éternité.
Alors depuis cette navette spatiale j’ai compris l’importance d’un regard et ai lié la parole au geste. Simplicité. Et finalement si l’on y réfléchi à deux fois, pourquoi ne plus faire que de s’échapper, mais plutôt y rester puis y vivre ensemble ? Pourquoi ne pas avaler du soleil fondu là tout-de-suite, s’en mettre plein le gosier, s’en barbouiller plein la face et se dire que c’est tout simplement ça La réelle régalade ?

 

Copyright: Pauline Gallot

 

Hossegor - Plage des Estagnots, Mai 2016

Raphaël Portrait par

http://raphael-chosal.tumblr.com